Tout en couleurs !

Le 1er octobre 1967, la couleur faisait en direct son apparition à la télévision française ! Jusque-là le monde apparaissait en noir et blanc. Du jour au lendemain, le petit écran reflétait un monde plus joyeux et plus vrai parce que plus coloré. Les mornes nuances de gris laissaient la place à un décor bariolé et pigmenté. Un monde chatoyant remplaçait un monde blafard ; l’univers retrouvait de la saveur, une nouvelle lumière brillait sur la société.

Mais ce n’était rien comparé à l’irruption de l’Évangile dans notre monde. Il faut voir l’émerveillement des nouveaux convertis en découvrant le sermon sur la montagne (Mt 5-7) pour se faire une idée de la saveur et de la polychromie qu’apporte Jésus. Il vaut la peine de lire ensemble ces trois chapitres et de ne pas se contenter du découpage de la liturgie qui nous distille quelques morceaux sur quelques dimanches… Cette lecture pourrait être une bonne résolution concrète pour la semaine ! L’enseignement de Jésus est le sel qui donne la saveur véritable de l’existence, la lumière qui révèle les couleurs de la réalité. Vivre de l’enseignement du bon Maître permet de relayer et de diffuser cette saveur et cette lumière !

En 1970, on trouvait dans la presse française un article intitulé : pourquoi les téléspectateurs français sont-ils « misochromes » ?  Le journaliste constatait que trois ans après l’apparition de la couleur, peu de Français avaient délaissé le noir et blanc. La télévision en couleur fascinait mais intimidait également ! On percevait un frein : « la couleur, c’est beau mais c’est cher ». Le journaliste regrettait ce bilan décevant : « Nos récepteurs de télévision en couleur sont les plus fidèles mais aussi ceux qui se vendent le moins. Les programmes qu’ils diffusent sont sans doute les meilleurs du monde, mais nous ne le savons pas ».

  L’Évangile est beau mais terriblement exigeant ! (Si vous n’êtes pas convaincus de cela, lisez le sermon sur la montagne et on en reparle). Alors, notre monde se décourage et préfère rester dans la terne grisaille d’une spiritualité vague et informe, dans la fade potée d’une croyance imprécise. Il a besoin de chrétiens qui lui fassent goûter la saveur de l’Évangile, qui fassent briller sur lui la lumière de la vie chrétienne. Il a besoin de chrétiens qui lui montrent que cette vie en couleurs est belle, mais aussi possible et accessible ! Il a besoin de chrétiens hauts en couleur qui ont horreur des compromis qui affadissent la foi. Il a besoin de chrétiens saisis par l’Esprit-Saint, joyeux d’appartenir au Christ et de vivre de l’Évangile. En un mot, il a besoin de cœurs enflammés pour Dieu. Oui, le zèle pour Dieu est un précieux service rendu aux hommes.