Le baptême du Seigneur

La liturgie de l’Eglise ne célèbre pas le baptême du Seigneur par hasard le dimanche qui suit l’Epiphanie. En effet, l’Epiphanie est comme un second rayonnement de la fête de Noël. Si Noël est la fête intime, la fête de famille des chrétiens, l’Épiphanie est la fête mondiale de l’Église catholique.

La pensée de cette fête est moins un événement de l’enfance de Jésus que la manifestation du Fils de Dieu au monde. Cette pensée est illustrée par trois images tirées de la vie de Jésus : l’adoration des Mages, le Baptême de Jésus et son premier miracle aux noces de Cana. Alors que les chrétiens orientaux mettent au premier plan la seconde image et appellent cette fête : « la fête du Jourdain », l’Église Occidentale préfère la première image, l’adoration des Mages et appelle volontiers cette fête : « la fête des Rois ».

Voilà pourquoi l’Eglise a chanté aux vêpres de l’Epiphanie :

« Nous célébrons trois mystères qui ornent ce jour saint : aujourd’hui l’étoile a conduit les Mages vers la crèche ; aujourd’hui l’eau a été changée en vin aux noces de Cana ; aujourd’hui le Christ a voulu être baptisé par Jean pour nous sauver, alléluia. »

C’est ce que représente la gravure ci-dessus.

Dom Guéranger, grand spécialiste de la liturgie, indique que « Épiphanie » veut dire apparition, et, à l’origine, cette fête avait, chez les Orientaux, la même signification que celle de Noël à Rome. C’était la fête du Verbe éternel se révélant, revêtu de chair, à l’humanité. Ce sont trois circonstances différentes de cette révélation historique que l’on vénérait en particulier : l’adoration des Mages à Bethléem, la conversion de l’eau en vin aux noces de Cana et le baptême de Jésus dans le Jourdain.

Ainsi, en célébrant ce dimanche le baptême du Seigneur, nous allons clôturer le temps liturgique de Noël, pour entrer dans le temps ordinaire (en vert) dès ce lundi. Que cela ne nous empêche pas de conserver nos crèches jusqu’au 2 février. Elles nous rappelleront que ce ne sont plus seulement les bergers qui sont appelés par les Anges à reconnaître le Verbe fait chair, c’est le genre humain, c’est la nature entière que la voix de Dieu même convie à l’adorer et à l’écouter.