« Jésus, souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton Royaume. »

Mais que voit donc cet homme que la tradition chrétienne appelle le bon larron ? Ne voit-il pas un supplicié, aussi impuissant que lui, cloué à la croix ? Où trouve-t-il assez de confiance et d’espérance pour lui adresser ces quelques mots : « Jésus, souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton Royaume » ?

Ce dernier dimanche de l’année liturgique, l’Eglise universelle célèbre Jésus Christ Roi de l’Univers. Et c’est un Roi impuissant, cloué à la croix, qu’elle nous donne à contempler dans l’évangile. Saurons-nous voir, comme le bon larron, qu’il n’est pas si impuissant que cela ? Que s’il ne se montre pas puissant à la manière des hommes, c’est plutôt pour manifester que le véritable centre de gravité de l’Univers ne se situe pas là où les hommes le cherchent habituellement ?

Jésus le dira tout au long de son ministère : sa puissance ne se déploie pas dans le goût du spectaculaire, mais dans le service, dans la conversion des cœurs, dans le retour des fils et des filles vers leur Père.

Sur la Croix, la royauté de Jésus est cachée, il faut savoir la saisir. Elle est alors en mesure de nous arracher au pouvoir des ténèbres. C’est ce que sait faire le bon larron.

C’est notre tour. Saisissons le Christ ! Qu’il nous arrache à nos ténèbres et nous conduise à son Royaume.

Je vous propose, pour cela, de prendre le temps de faire une relecture de ce que nous avons vécu en profondeur durant cette année liturgique, depuis le 1er dimanche de l’Avent 2018. C’est une démarche que le fondateur de la Communauté Saint Martin, Mgr Jean-François Guérin, nous invitait à effectuer à l’occasion de cette célébration du Christ-Roi. L’objectif, c’est de prendre un peu de hauteur, de sortir la tête du guidon diraient les cyclistes, pour s’efforcer d’évaluer la place consacrée au règne du Christ dans ma vie et pour lui demander de m’aider à la faire grandir.

Certains sauront peut-être relever spontanément les domaines principaux dans lesquels cette année fut belle et féconde et les lieux de faiblesse et de fragilité qui ont marqués cette année dans leur relation avec le Christ.

En quelques lignes, voici quelques points d’attention qui pourraient compléter cette première lecture.

Quel temps est-ce que je consacre dans ma journée et ma semaine pour ma relation au Christ ? Combien de fois je tourne mon regard vers Lui ? Quelles sont les occasions où j’aborde un sujet, une situation, en lui demandant son conseil, son regard, son soutien ?

Quelles sont les réalités que je privilégie quand je dispose d’un moment libre ?

Quel temps consacré chaque jour aux écrans ? (Télé-séries-Facebook…etc.)

Quel temps de qualité dans ma semaine pour une écoute gratuite du conjoint, des enfants, d’autres personnes ?

Quelles sont mes occasions de nourrir mon cœur ? Lecture de qualité, prière et recueillement, prière pour quelqu’un, réception et « accueil » des sacrements, adoration…

A quelles occasions ai-je été attentif à maîtriser mes humeurs pour être constructif et bien veillant ? Contrôle de soi, humeurs, bienveillance, constructif, remercier, pardon, actes d’humilité, de patience…

Comme le bon larron, que cette démarche soit avant tout une façon de demander à Jésus de faire davantage partie de notre vie, de nous arracher au pouvoir des ténèbres, de nous faire vivre dès maintenant de sa vie pour nous conduire dans son Royaume.