Suivre Jésus : un petit pas ou un bond de géant ?

Dimanche dernier, chaque paroissien pouvait prendre, à la sortie de l’église, une feuille intitulée « un pas de + » pour relire son année sous le regard de Dieu, voir quel pas a été fait dans sa vie chrétienne, et essayer de discerner quel pas supplémentaire pourrait être fait l’année prochaine. Vous n’avez pas encore pris cette feuille ? Il n’est pas trop tard ! Vous pouvez encore bénéficier de cet outil très simple au service de la croissance spirituelle, au service du petit pas de plus…

Tandis que le curé et ses vicaires encouragent tous les paroissiens à faire ce pas de plus, l’évangile de ce dimanche nous montre un Jésus qui exige plutôt un bond de plus, et même un bond de géant… Les trois hommes qui se trouvent sur la route de Jésus et qui, soit spontanément soit à la suite de son appel, désirent le suivre s’entendent dire des paroles bien exigeantes, voire décourageantes.

Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. Autrement dit : « si tu veux me suivre, prépare-toi à une vie sans confort, une vie rude et difficile ». On a là un écho du livre du Siracide : Mon fils, si tu viens te mettre au service du Seigneur, prépare-toi à subir l’épreuve (Si 2, 1).

Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. Autrement dit : « rien n’est plus urgent ni plus important que de me suivre et d’annoncer le règne de Dieu, car même le devoir sacré d’ensevelir les morts passe après ». Tobie allait pourtant jusqu’à mettre sa vie en danger pour accomplir ce devoir : On l’a déjà recherché pour le tuer à cause de cette manière d’agir, et il a dû s’enfuir. Et voilà qu’il recommence à enterrer les morts ! (Tb 2, 8).

Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu. Autrement dit : « Je ne veux pas de demi-mesure. Si tu veux me suivre, il faut que ce soit totalement, absolument, sans réserve, sans retour, pour toujours ». Lors de la destruction de Sodome, la femme de Loth avait déplu à Dieu pour ce motif : Or, la femme de Loth avait regardé en arrière, et elle était devenue une colonne de sel (Gn 19, 26).

Alors, que faut-il faire ? « Un pas de + » ou un bond de géant ? Les deux ! Il y a tout juste cinquante ans, le premier pas sur la Lune s’accompagnait de cette phrase historique : « c’est un petit pas pour l’homme, mais un bond de géant pour l’humanité ». C’était pourtant le même pas…Un chrétien vit aussi cela. Docile à l’Esprit-Saint, il peut faire des bonds de géant dans l’ordre du désir de suivre Jésus, absolument, radicalement, sans demi-mesure. Mais l’intensité de son désir se traduit par des petits pas dans sa vie quotidienne ; des petits pas à renouveler sans cesse avec patience et persévérance. Oui, Jésus est exigeant et radical, mais cela ne doit pas nous conduire à une attitude de « tout ou rien » qui nous découragerait (je n’arrive pas à tout faire, donc je ne fais rien). Il nous demande de cultiver et d’intensifier le désir de le suivre, tout en faisant le pas concret dont nous sommes capables aujourd’hui. Le chrétien qui unit désir intense et action concrète n’est pas « dans la lune » mais sur le chemin du ciel !